Lettre ouverte à Xavier Dolan

Cher Xavier, cher Dolan ? Que dois je dire ?

La langue française voudrait que je te vouvoie mais cela me paraît impossible. En effet, nous avons le même âge et même si toi et moi ne nous sommes jamais rencontrés, j’ai l’impression de te connaître depuis bien longtemps maintenant. J’étais là dés le début, dés le premier film, et j’ai suivi ton évolution peu à peu et en temps réel. Je me rappelle encore quand je parlais de toi aux gens qui ne te connaissaient pas, j’essayais de leur faire découvrir ce jeune prodige que je voyais déjà en toi. Aujourd’hui, je n’ai même plus besoin, victime de ton succès tu as conquis la foule et beaucoup de gens de tout milieu.

J’ai toujours adoré le cinéma : les acteurs, les réalisateurs, les scénarios, tout cela m’a toujours fasciné. Tout le travail qu’il y a derrière chaque réalisation. Tous les gens réunis pour un seul et même film. Je suis fascinée par ce milieu et j’écris moi même des histoires. Il y a plusieurs réalisateurs qui m’ont touchés, parfois, pour un seul et même film, parfois pour plusieurs. Comme tout le monde, le cinéma m’émeut, peut être un peu plus que les autres même, je pleure beaucoup au cinéma, mais je ris aussi, et je suis parfois en colère.

Dans tes films, c’est ça puissance 1000. Je suis presque sûre à chaque fois que je vais voir un Dolan que je vais ressentir un large panel d’émotions, allant de la tristesse à la joie, de la douleur à l’euphorie… Au fur et à mesure de tes films, ce phénomène s’est accentuée. Alors que j’étais touchée par « Les amours imaginaires », je suis ressortie de Laurence Anyways complètement déboussolée. Pour tout te dire, lorsque le film s’est terminé, je suis littéralement rester clouée à mon siège à pleurer. J’ai pleuré là toutes les larmes de mon corps. Je croie, que j’étais loin d’imaginer pouvoir être dans un état pareil suite à un film. Je me rappelle encore de la salle dans laquelle j’étais, à quel emplacement et qui étaient mes voisins. C’était à Bordeaux, à l’Utopia, dans la salle 3. La même salle dans laquelle j’ai été bouleversé par Melancholia de Lars Von Trier.

Laurence Anyways, c’est un bijou, une merveille à l’état pure. Je l’ai depuis catégorisé dans mes trois films préférés. Les acteurs y étaient certes pour beaucoup, mais cela grâce à ta manière de les diriger et au don que tu as de t’entourer de belles personnes qui font vivre ton histoire encore plus fort. Ces acteurs, ils jouent avec leurs trips. Comme dans tous tes films, d’ailleurs. Tes acteurs jouent toujours avec leurs trips, avec leurs corps, leurs âmes. Profondément et intensément. Ce film durait presque trois heures, et je n’ai pourtant pas vu le temps passer, comme dans chacun de tes films, je ne voulais que jamais cela ne cesse.

Lorsque Mommy est sorti, j’avais très peur. Peur d’être déçu, peur que tu m’aie déjà montré le meilleur de toi même. Et puis, rebelote, colère, tristesse, rire, pleures. Tu me fais rire, sourire, pleurer, et tout ça avec intensité. Comme tes acteurs, je vie l’histoire pleinement et avec fougue.. Maintenant, je sais que lorsque je vais voir tes films, je vais en prendre plein les mirettes.

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Qu’importe le thème, l’histoire ou les acteurs, tu fais si bien les choses que tu as même réussi à me faire apprécier du Céline Dion. Car on ne va pas se mentir, ce moment ou ils dansent dans la cuisine en chantant Céline Dion est un passage fabuleux, et c’est ça que j’aime dans ton cinéma. C’est qu’il y a des moments ou j’en prend plein les yeux et les oreilles, et ou je me dis que c’est trop bon, que c’est jouissif, que j’ai juste envie d’être ici et la maintenant avec toi, avec tes acteurs, ta musique, ton histoire. C’est une sorte d’orgasme finalement. Un moment de pure délectation. Les ralentis, la musique, les couleurs..

Il y a quelques jours, tu es venu sur Bordeaux afin de présenter ton dernier film : « Juste la fin du monde » et encore une fois j’ai appréhendé la séance. Tu as choisi d’autres acteurs, acteurs plus connus et j’étais donc un peu plus sceptique. C’est que j’adore Suzanne Clément, Anne Dorval ou Melvil Poupaud et je me suis habitué à cet accent québécois que j’apprécie. C’était un peu ta marque de fabrique pour moi. Finalement, ce film m’a coupé le souffle. Il était très différent des autres car il y a beaucoup de silences, et de non dits. Mais j’ai retrouvé ces moments d’intensité que j’aime tant. Les acteurs m’ont tous époustouflés, il n’y en a pas un qui soit meilleur qu’un autre, chacun semblant être totalement sous l’emprise du personnage qu’il interprète. Cela m’a donné envie de lire cette pièce que je n’ai jamais lu. J’ai adoré les moments de flash-back, la trame sonore encore une fois, les lumières et les couleurs.. En fait, tout ce qui fait ce que tu es.

Bref, tout ça pour te demander de continuer de me vendre du rêve comme tu le fais si bien ! J’aime ton cinéma, et si par le hasard des circonstances, j’avais réalisé ce rêve de gamine de devenir actrice, sois sûre que j’aurai adoré jouer dans un de tes films.

Bref, Dolan, je t’aime.

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